La scène est devenue banale : une bouillie chaude versée directement dans un sachet plastique avant d’être remise au client. Un geste quotidien, presque machinal, qui soulève pourtant des interrogations sur la sécurité sanitaire du contenant au contact de la chaleur.
Lors du forum communautaire sur la sécurité sanitaire des aliments, organisé ce mardi 15 septembre à Dakar, le Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments à la FAO, a appelé à la prudence.
La bouillie est chaude. Le sachet est en plastique. Le geste paraît anodin. Mais que se passe-t-il réellement lorsque ces deux éléments entrent en contact ?
Le spécialiste appelle toutefois à ne pas tirer de conclusions définitives sans disposer de preuves scientifiques. « Il faudrait peut-être avoir des évidences scientifiques », souligne-t-il.
Un contenant alimentaire doit être « inerte »
Le Dr Mamadou Ndiaye pose néanmoins un principe essentiel : un contenant destiné à recevoir un aliment doit être inerte. Autrement dit, il ne doit pas y avoir d’échange entre l’aliment et le contenant.
Or, selon le spécialiste, « a priori, un plastique n’est pas inerte en contact de la chaleur ». Une affirmation qui ne constitue pas, à ce stade, une conclusion définitive sur les conséquences de cette pratique, mais qui suffit à poser la question de la nécessité d’études scientifiques.
Une pratique banalisée qui mérite d’être étudiée
La prudence scientifique est donc de mise. Il ne s’agit pas d’affirmer que la bouillie vendue dans un sachet plastique présente systématiquement un danger. Il s’agit plutôt de poser une question : ce contenant est-il réellement adapté au contact avec un aliment chaud ?
La question mérite d’autant plus d’attention que la restauration de rue occupe une place importante dans les habitudes alimentaires au Sénégal. Les consommateurs recherchent des repas accessibles, rapides et adaptés à leurs moyens. La bouillie vendue dans la rue fait partie de ces habitudes alimentaires accessibles à toutes les bourses. Mais un geste devenu quotidien n’est pas nécessairement un geste dont les effets sanitaires sont connus.
Des réponses scientifiques attendues
Pour le spécialiste de la FAO, l’enjeu est donc de disposer d’éléments scientifiques permettant de répondre clairement à cette question. La sécurité sanitaire des aliments ne concerne pas seulement la qualité des ingrédients ou les conditions de préparation. Elle s’intéresse également aux contenants dans lesquels les aliments sont conservés, transportés ou remis aux consommateurs.
La bouillie chaude dans un sachet plastique rappelle ainsi une réalité simple : dans l’alimentation de rue, certains gestes banalisés méritent eux aussi d’être questionnés. Celui-ci attend désormais une réponse scientifique claire.


