L’accord technique conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ne constitue pas, selon l’économiste Ndongo Samba Sylla, une réponse suffisante à la crise d’endettement que traverse le pays.
Invité ce dimanche 27 septembre dans l’émission « Objection » sur Sud FM, l’économiste a exprimé ses réserves quant aux effets attendus de cet accord. À ses yeux, les financements proposés par l’institution de Bretton Woods restent largement insuffisants au regard de l’ampleur des difficultés.
« Ce que donne le FMI, c’est très peu par rapport au problème de fond que nous avons », a-t-il déclaré.
Des conditionnalités qui suscitent des inquiétudes
Ndongo Samba Sylla a également alerté sur les conséquences potentielles des conditionnalités associées aux programmes du FMI. Selon son analyse, les mesures d’ajustement peuvent entraîner une réduction des dépenses publiques, une hausse de la pression fiscale ou encore une diminution de certaines subventions.
Une telle orientation pourrait, estime-t-il, accentuer les difficultés des ménages et des entreprises, dans un contexte économique déjà tendu.
L’économiste conteste ainsi l’idée que l’intervention du FMI puisse, à elle seule, permettre au Sénégal de sortir de sa crise d’endettement. Il estime que les réponses doivent également s’attaquer aux causes structurelles du problème.
Pour une transformation du modèle économique
Pour Ndongo Samba Sylla, le Sénégal doit dépasser le simple réaménagement de sa dette et engager une réflexion sur son modèle économique. Il préconise notamment de renforcer les capacités nationales de production et d’exportation afin d’accroître les ressources en devises du pays.
Sans une telle transformation, estime-t-il, le recours à de nouveaux financements risque de repousser les difficultés plutôt que de les résoudre.
« L’approche FMI ne permet pas de résoudre une crise d’endettement. Ce n’est pas possible », a-t-il martelé.
L’économiste invite ainsi à examiner l’accord avec prudence, notamment au regard de ses conséquences possibles sur les finances publiques, le pouvoir d’achat et les capacités d’investissement de l’État.


