L’économiste Ndongo Samba Sylla relance le débat sur le franc CFA et la souveraineté monétaire des États africains. Il revient notamment sur la réforme annoncée en décembre 2019 par Emmanuel Macron et Alassane Ouattara, estimant que celle-ci aurait été engagée sans une implication suffisante des principaux acteurs monétaires concernés.
Pour étayer son analyse, l’économiste évoque les sanctions financières imposées au Mali en 2022 et au Niger en 2023. Selon lui, ces épisodes mettent en évidence les limites de la souveraineté monétaire des États membres de la zone CFA.
Ndongo Samba Sylla conteste également l’idée selon laquelle les réserves de change seraient simplement « revenues » à la BCEAO après la suppression du compte d’opérations avec le Trésor français. Il soutient que la gestion de ces réserves a plutôt évolué vers d’autres mécanismes de placement, notamment à travers des actifs libellés en euros.
Au-delà des mécanismes monétaires, l’économiste considère que la question du franc CFA renvoie également à celle de l’autonomie politique et économique des États africains. Pour lui, l’appartenance à la zone CFA constitue un enjeu qui dépasse largement la seule gestion de la monnaie.
Ndongo Samba Sylla affirme par ailleurs que le franc CFA « vit ses derniers jours », sans toutefois avancer de calendrier précis concernant son éventuelle disparition.
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par les débats sur la souveraineté économique et monétaire en Afrique de l’Ouest, notamment après les orientations prises par certains pays de l’Alliance des États du Sahel. L’économiste pose ainsi une question centrale : « Est-ce qu’on est prêt pour le changement ? »


