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Fonds politiques : Thierno Bocoum interpelle sur les 14,16 milliards F CFA attribués à la primature sous Sonko

Le président d’AGIR-Les leaders, Thierno Bocoum, s’interroge sur l’utilisation de 14,16 milliards F CFA correspondant, selon les chiffres avancés, aux fonds politiques de la primature sur une période de deux ans. Une interpellation qui remet au cœur du débat la question de la transparence et de la redevabilité dans la gestion des ressources publiques.

Thierno Bocoum interpelle sur les fonds politiques de la primature en s’appuyant sur les déclarations du ministre Abdourahmane Diouf concernant une enveloppe de 1,77 milliard F CFA par trimestre. Le responsable politique met en perspective le volume des ressources publiques mobilisées.

« Le ministre Abdourahmane Diouf a déclaré qu’Ousmane Sonko percevait 1,77 milliard F CFA PAR TRIMESTRE au titre des fonds politiques de la primature et qu’il sollicitait en outre des ressources supplémentaires. Ce montant représente 14,16 milliards F CFA. Cela équivaut à près de 19,4 millions F CFA par jour. Au-delà du chiffre, une question essentielle mérite d’être posée : quelle est la contrepartie concrète de cette dépense pour les Sénégalais ? », demande M. Bocoum.

À titre illustratif, une enveloppe de cette ampleur, dit-il, pourrait correspondre au financement de 944 salles de classe sur deux ans, à 141,6 millions de tickets de restaurant universitaire, à 28,32 millions de consultations dans les postes de santé ou encore à 141 600 bourses sociales de 100 000 F CFA.

Ou encore, poursuit-il, « l’équivalent de 240 400 salaires mensuels au SMIG, soit plus de dix mille salaires chaque mois pendant deux ans ».

Ces comparaisons ne signifient pas que les fonds politiques auraient pu être automatiquement affectés à ces secteurs. Elles permettent toutefois, selon cette approche, de mesurer le poids financier de ces dépenses au regard des besoins sociaux du pays.

La question se pose d’autant plus dans un contexte où des établissements scolaires font encore face à des difficultés d’infrastructures, où des étudiants rencontrent des problèmes liés à la restauration universitaire et où certaines familles peinent à accéder aux soins faute de moyens.

« Pendant ce temps, des élèves poursuivent leur scolarité sous des abris provisoires. Des étudiants renoncent parfois à un repas faute de tickets de restauration. Des familles retardent une consultation médicale parce qu’elles ne disposent pas de quelques milliers de francs CFA. Lorsqu’un dirigeant demande des sacrifices à sa population, chaque franc issu des ressources publiques qu’il utilise doit pouvoir être justifié, au moins dans son objectif et son impact », insiste M. Bocoum.

Pour le président d’AGIR, l’enjeu dépasse ainsi le seul montant annoncé. Il s’agit surtout de savoir quelle utilisation a été faite de ces ressources publiques et quel impact elles ont réellement produit au bénéfice des populations.

« La controverse renvoie plus largement à la nécessité d’un encadrement et d’un contrôle renforcés des fonds politiques. Lorsqu’il est question de milliards F CFA provenant des ressources publiques, la transparence, la traçabilité et la reddition des comptes deviennent des exigences centrales. Au-delà des clivages politiques, l’interrogation posée est donc celle de la redevabilité dans la gestion des deniers publics : combien a été dépensé, pour quels objectifs et avec quels résultats pour les Sénégalais ? », insiste Thierno Bocoum.

Mamadou Toure

Mamadou Toure

Journaliste au Rufisquois, spécialisé dans l'actualité sénégalaise.

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