Un nouveau programme économique se dessine entre le gouvernement sénégalais et le Fonds monétaire international (FMI). Une perspective accueillie avec optimisme, mais non sans réserves.
Le journaliste et analyste Mamoudou Ibra Kane, réagissant aux conclusions de la mission du FMI à Dakar, a tenu à exprimer ses inquiétudes. Selon lui, « il subsiste encore un point de clarification relatif à la dette dite cachée ».
Tout en espérant que les négociations n’aboutiront pas à des mesures contraignantes pour les populations, il met en garde : « Il faut toutefois espérer que le prochain programme ne soit pas synonyme de mesures drastiques sur le pouvoir d’achat des populations, comme la suppression de certaines subventions. »
Le FMI a relevé une croissance de 12,1 % au premier trimestre 2025. Mais là encore, Mamoudou Ibra Kane appelle à la cohérence dans les critiques adressées à l’institution internationale : « Si d’éminents responsables de l’État-Pastef persistent à croire que le Fonds s’est rendu coupable de complicité avec le précédent régime sur la dette cachée et le déficit budgétaire, ils devraient aussi douter de la bonne foi de ce même FMI sur la croissance de 12 %. Question de logique. Qui peut mener très loin… »
Au-delà des chiffres, l’analyste pointe un besoin de clarté sur plusieurs dossiers financiers : « À quand la publication du rapport du cabinet ForvisMazars ? Combien il a coûté à l’État du Sénégal (s’il en est le commanditaire). Qu’en est-il du rapport de la Cour des comptes qui est habilitée à certifier les comptes publics et qu’est-ce qui justifie le recours à une mission d’audit international ? »
Pour Mamoudou Ibra Kane, ces zones d’ombre devront tôt ou tard être levées : « À clarifier un jour ou l’autre au nom de la transparence. »

