Supercarburant : les automobilistes assommés par la hausse des prix

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Le ministère du Pétrole et des Énergies a fixé, par arrêté, le prix du supercarburant à 890 FCfa, soit une hausse de 135 FCfa. Une décision qui suscité, à en croire le quotidien national Le Soleil, l’inquiétude chez les automobilistes dans un contexte économique compliqué.

«Depuis ce matin, j’entends parler de la hausse du prix du gasoil et de l’essence, mais je n’ai pas encore acheté», lâche Ousmane, un taximan, à quelques mètres du péage de Poste Thiaroye. Il commente ainsi l’arrêté du ministère du Pétrole et des Énergies.

Le document fait état d’un réajustement tarifaire du prix à la pompe du supercarburant (essence). En effet, depuis dimanche dernier, le litre de supercarburant est passé de 755 FCfa à 890 FCfa à la pompe.

Ce supercarburant, explique Ma Anta Guèye, Conseiller technique au ministère du Pétrole et des Énergies, est ce qu’on l’appelle l’essence super. «Il s’obtient par le raffinage du pétrole brut. C’est un carburant pour les moteurs thermiques», souligne-t-il.

À la Station Ciel Oil de Thiaroye, ce prix fixé est appliqué ce lundi matin. Vêtus d’uniformes rouges et bleus, deux agents, debout devant les pompes, approvisionnent un groupe d’automobilistes.

Le stylo à la main droite, l’un d’eux fait le point sur l’application du nouveau tarif. «La hausse décidée par le ministère concerne uniquement le supercarburant qui est désormais vendu à 890 FCfa. Ce carburant est plus utilisé par les véhicules nouveaux modèles, les particuliers», réagit-il.

À quelques mètres, devant une station-service, des automobilistes attendent les services des pompistes. Ce dernier leur signifie d’ores et déjà la hausse du prix à la pompe du supercarburant.

«Vous êtes, sans doute, au courant ; le carburant qu’on appelle habituellement super est vendu actuellement à 890 FCfa le litre. Ce n’est pas de notre faute, cela vient des autorités. Et ce sont les riches qui sont concernés», chahute-t-il, recevant des billets d’un conducteur d’un véhicule 4X4.

«Aucun automobiliste ne peut se réjouir de la hausse du prix du carburant. Ce qui nous anime, c’est l’inquiétude et la peur», réagit Moustapha Ndiaye à bord d’un 4X4 noir.

À ses yeux, payer 135 FCfa de plus sur le litre d’essence impactera forcément son pouvoir d’achat.

«Ça tombe au mauvais moment. Nous nous plaignons déjà de la cherté des denrées de grande consommation, et le supercarburant vient s’y ajouter. Ce sera compliqué pour nous, pères de famille», regrette-t-il, les yeux cachés par des lunettes noires.

Abdoulaye Keïta pleure également sur son sort. En tee-shirt blanc, casquette de la même couleur sur la tête, il se plaint d’une situation compliquée pour tout le monde et une protection des acteurs du transport en commun au détriment des chauffeurs particuliers.

«La mesure ne concerne que le supercarburant. Donc, nous, particuliers, seront impactés. Cela veut dire qu’on protège les acteurs du transport en commun au détriment d’autres citoyens que nous sommes. Vu le contexte économique mondial, je crains même une augmentation du prix du gasoil et de l’essence ordinaire dans les jours à venir», s’inquiète-t-il.

Sa peur est partagée par Ousseynou Mbaye. Devant le garage clando, le chauffeur de car rapide échange avec des camarades.

Avec la hausse du prix du supercarburant, il craint, dans l’avenir, l’augmentation de celui du gasoil ; ce qui aura forcément des répercussions sur son activité.

«Tous les chauffeurs sont, aujourd’hui, inquiets. L’activité est menacée. Et si la situation perdure, nous risquons d’aller vers la hausse du prix du gasoil. Et nous serons obligés de les répercuter sur les tarifs», insiste Ousseynou.

Mâchant sa cola, Abdourahmane Sylla n’a pu s’empêcher de donner son avis. À son avis, l’État doit consentir les efforts nécessaires afin de «les préserver d’une hausse du prix du gasoil».

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