Les populations de Pikine, l’un des quartiers les plus peuplés de Saint-Louis, ont battu le pavé ce dimanche à l’occasion d’une marche pacifique. Arborant des brassards, les manifestants ont voulu attirer l’attention des autorités sur les nombreuses difficultés auxquelles leur quartier est confronté.
À travers cette mobilisation, les habitants ont notamment dénoncé les problèmes d’assainissement, l’évacuation des eaux pluviales et usées, le manque d’infrastructures sanitaires et scolaires, ainsi que l’absence d’un véritable marché de proximité.
Prenant la parole au nom de l’Association Cadre de vie de Pikine, son porte-parole, Adama Niang, a tenu à préciser le caractère apolitique de l’organisation.
« Le Cadre de vie de Pikine n’est ni un mouvement politique ni une association politique. Nous sommes à équidistance de toutes les formations politiques. Nous ne sommes ni avec le parti au pouvoir ni avec l’opposition. Ce qui nous intéresse, c’est le développement de notre quartier », a-t-il déclaré.
Faire de Pikine une commune
La principale revendication portée par les manifestants reste l’érection de Pikine en commune. Pour Adama Niang, cette réforme permettrait aux populations de mieux prendre en charge les problèmes de leur quartier.
« Ce que nous voulons, c’est que dans un avenir très proche, Pikine soit érigé en commune. Cela nous permettrait de prendre nos problèmes à bras-le-corps et de pouvoir les régler nous-mêmes, sans toujours compter sur d’autres », a-t-il expliqué.
Selon lui, les difficultés liées à l’assainissement illustrent parfaitement les problèmes auxquels le quartier est confronté. Les eaux stagnantes sont visibles dans plusieurs rues, notamment après les pluies, en raison, selon les habitants, de canalisations qui ne permettent pas une évacuation correcte.
À cela s’ajoute la gestion des eaux usées provenant des habitations. Faute d’un système d’assainissement suffisamment efficace, certaines populations sont contraintes de les déverser dans les rues, aggravant ainsi les problèmes d’insalubrité.
Un hôpital et davantage d’écoles réclamés
La santé constitue également une préoccupation majeure. Les habitants estiment que les infrastructures sanitaires existantes sont largement insuffisantes pour répondre aux besoins d’une population qui dépasserait les 100 000 habitants.
« Pikine est aujourd’hui confronté à un problème de santé. Nous n’avons pratiquement qu’un seul poste de santé. Nous avons besoin d’un hôpital, parce qu’avec une population de plus de 100 000 habitants, recourir à un seul dispensaire risque de poser énormément de problèmes », a souligné le porte-parole.
Le secteur de l’éducation n’est pas épargné. Les manifestants dénoncent les effectifs jugés excessifs dans les établissements scolaires du quartier. Selon eux, certaines classes accueillent plus de 80 élèves, aussi bien dans l’élémentaire que dans les collèges et lycées.
Le Cadre de vie de Pikine plaide ainsi pour la construction de nouvelles écoles afin de réduire les sureffectifs et d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants.
Autre doléance : la construction d’un marché dans le quartier. Les femmes de Pikine, notamment, seraient obligées de se déplacer vers d’autres zones de Saint-Louis, comme le Faubourg de Sor ou l’île, pour faire leurs achats.
Pour les habitants, la création d’un marché de proximité permettrait de faciliter l’accès aux produits de première nécessité et de dynamiser l’activité économique locale.
À travers cette première mobilisation, les populations de Pikine disent vouloir surtout faire entendre leur voix auprès des autorités. « Notre marche est très pacifique. Elle nous permet simplement d’alerter nos autorités sur les difficultés que nous vivons », a insisté Adama Niang.
