L’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), conformément aux orientations du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, est dans le curage des canalisations et le renouvellement des équipements des stations de pompage. Dans cet entretien, son directeur général, Séni Diène, partage les mesures phares prises pour atténuer l’ampleur des inondations à Dakar, surtout au centre de santé Philippe Maguilène Senghor, aux Unités 24 et 25 des Parcelles assainies, aux cimetières de Thiaroye-sur-Mer…
Les premières pluies sont enregistrées dans certaines localités du sud-est du Sénégal, notamment dans la région de Kédougou. Pouvez-vous revenir sur les grandes actions entreprises par l’Onas pour prévenir les risques d’inondations ?
L’Office national de l’assainissement du Sénégal, comme à son habitude, est en train de mettre en œuvre des actions classiques. Je veux parler des opérations pré-hivernage en cours depuis le mois d’avril. Vous pouvez le constater, nos équipes sont dans le curage dans plusieurs quartiers de Dakar et bientôt dans les régions. Nous ne voulons pas qu’il y ait un intervalle de temps assez long entre ces opérations pré-hivernage et les premières pluies. S’il y a un décalage, il y a de fortes probabilités que les canalisations soient ensablées ou remplies de déchets. Donc, il nous faut un juste milieu. Autrement dit, on ne pas commencer très tôt, ni très tard. Nous avons des équipes un peu partout et nous allons terminer par les grandes canalisations communément appelées collecteurs.
Parallèlement au curage, nous avons entrepris une vaste opération de renouvellement des équipements des stations de pompage qui jouent un rôle central dans l’évacuation des eaux pluviales.
Durant l’hivernage 2025, il y a eu des inondations au centre de santé Philippe Maguilène Senghor, aux Unités 24 et 25 des Parcelles assainies et aux cimetières de Thiaroye-sur-Mer. Quelles mesures l’Onas a-t-elle prises pour que ces mêmes problèmes ne reviennent pas ?
Pour l’Unité 24 des Parcelles assainies, la Direction de l’exploitation et de la maintenance (Dem) de l’Onas a procédé au remplacement des deux pompes existantes de 150m3/h par deux nouvelles pompes de 735 m3/heure chacune. Ceci nous permettra de réduire le temps de latence, c’est-à-dire d’accumulation des eaux juste après les pluies. Pour l’Unité 25, la Dem a déjà remplacé les deux pompes de 150m3/h par deux nouvelles de 250m3/h chacune. Donc, dans ces deux sites critiques, nous avons presque doublé la capacité de refoulement. S’agissant du cas spécifique du centre de santé Philippe Maguilène Senghor, nous avons prévu le raccordement de la station de pompage au réseau de la Senelec et l’augmentation de la capacité de pompage. L’autre point qui était critique à Dakar porte sur les cimetières de Thiaroye-sur-Mer que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avait visités. La solution durable, c’est la construction d’un canal d’évacuation des eaux vers la mer. Aujourd’hui, nous avons un taux d’exécution de plus de 60 %. À la sortie 10 de l’autoroute à péage, dans le département de Rufisque, le dispositif de pompage sera reconduit. Mais, à terme, nous projetons d’y ériger un canal gravitaire. En résumé, nous avons pris des mesures hardies pour réduire les risques d’inondations dans des sites de Dakar où nous avions connu des difficultés en 2025. Je rappelle que l’objectif pour 2026 est de curer 127 km sur le marché des opérations pré-hivernage. En plus de cela, nous avons prévu 12 km sur le marché complémentaire et 32 km sur le Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (Progep).
Quid les villes de l’intérieur qui connaissent aussi des problèmes d’inondations ?
Les mêmes actions de réduction des risques d’inondations sont en cours de mise en œuvre dans les régions. Dans la ville de Diourbel, au site de « Roukou Bou Sèw », en plus du renforcement du système de pompage (installation d’un dispositif de pompage de 1.000m3/h), l’Agence de développement municipal (Adm) poursuit la construction d’une canalisation vers l’exécutoire de Kambi Souf. Je dois rappeler que ces travaux ont été visités par le ministre Cheikh Tidiane Dièye, il y a quelques jours. Pour ce qui est du marché Ndoumbé Diop, l’Adm est en train de construire une canalisation. Mais, il est envisagé la mise en place d’un dispositif de pompage au cas où les travaux ne seraient pas achevés. Dans la ville de Kaolack, l’Onas mettra en place un dispositif de pompage de 300 m3/h et des flexibles de 300 ml. À Médina Baye, nous allons aussi curer le canal d’eaux pluviales sur 3 km. Il en est de même pour le canal Pie 12, en face de la route nationale. À Khahoum (?), le curage mécanique des grilles (200 unités) et des deux bassins est programmé. À Saint-Louis, dans le quartier Pikine, confronté à la problématique d’assainissement, il est attendu la finalisation des travaux de raccordement de la conduite de refoulement et celui du point bas de Tableau Walo, ainsi que le curage de l’ensemble du réseau eaux pluviales sur 12 km. Alors qu’à Diaminaire, Eaux claires et Léona, la Direction de l’exploitation et de la maintenance installera un système performant de pompage. Dans les cités religieuses de Touba et Tivaouane, la Direction de la planification et des études de l’Onas a exécuté les deux projets de drainage des eaux pluviales. À Touba, nous avons multiplié les équipes de pose de dalots. Mieux, d’autres entreprises ont pris le train en marche afin d’accélérer les travaux. Contrairement à Touba, dans la ville de Tivaouane, nous avons enregistré un bon taux d’exécution du projet d’assainissement des eaux pluviales. Il est de 52 %.
Propos recueillis par Eugène KALY
LESOLEIL

