Dans une tribune reprise par notre rédaction depuis Sud Quotidien, l’analyste Fadel Dia examine en profondeur le slogan de la campagne présidentielle de 2024, « Diomaye mooy Sonko ». Selon lui, cette formule, bien qu’efficace sur le plan marketing, est une source d’ambiguïté politique et contiendrait les racines des dynamiques actuelles au sommet de l’État au Sénégal.
L’auteur du texte soutient que l’affirmation « Diomaye mooy Sonko » n’est pas interchangeable, car elle établit une relation de référence plutôt qu’une stricte égalité. « Celui qui est cité en premier lieu est tout entier dans le second qui est son référant et il doit s’efforcer de l’égaler », écrit Fadel Dia. Il souligne que l’histoire politique, de Che Guevara et Fidel Castro à Thomas Sankara et Blaise Compaoré, a montré que les dynamiques de pouvoir finissent par distinguer les personnalités. L’analyse met également en exergue la nuance dans la formulation, opposant le prénom « Diomaye » au patronyme « Sonko », ce qui pourrait suggérer une forme de « familiarité » envers l’un et de « dévotion » envers l’autre.
Cette analyse sur les non-dits du duo au pouvoir trouve un écho dans les tensions qui ont été rapportées au sein de la majorité présidentielle. Selon nos informations, des dissensions étaient apparues au sein de la mouvance au pouvoir, notamment autour de la structuration de la coalition « Diomaye Président ». Ces frictions illustrent, selon l’opinion de Fadel Dia, comment une formule de campagne peut porter en elle « les germes d’une interprétation disruptive ».
Face à cette situation, l’auteur propose qu’un slogan comme « Sonko akk Diomaye » (Sonko avec Diomaye) aurait été plus fidèle à la réalité d’une coalition de forces politiques et aurait évité les querelles d’interprétation. Cette perspective contraste avec la ligne défendue par des responsables du parti Pastef. Marie Rose Faye, porte-parole adjointe, avait par le passé insisté sur l’unité en déclarant : « Les artisans de la division sont en notre sein! », tout en réaffirmant la formule « Diomaye moy Sonko Sonko moy Diomaye ».

