Une amitié de longue date s’est transformée en un conflit judiciaire marqué par des accusations particulièrement graves. C. Dione, agent immobilier, et son amie M. Diouf ont comparu devant le Tribunal de grande instance de Mbour, à la suite d’une violente confrontation nocturne. Entre tensions professionnelles, insultes et disputes téléphoniques, les deux femmes livrent des versions contradictoires d’une affaire qui aurait pu tourner au drame.
À l’audience des flagrants délits, les deux protagonistes ont reconnu entretenir des relations conflictuelles depuis plusieurs semaines. C. Dione accuse notamment son amie d’avoir tenu des propos calomnieux auprès de son employeur, provoquant selon elle son licenciement ainsi que son exclusion du groupe WhatsApp professionnel.
« Elle m’a mise en mal avec mon patron qui m’a licenciée », a-t-elle déclaré devant le tribunal.
Deux versions contradictoires d’une nuit de violence
De son côté, M. Diouf affirme avoir été agressée à son domicile par C. Dione, qui lui aurait mordu l’oreille, lui occasionnant une incapacité temporaire de travail (ITT) de 21 jours.
Selon son récit, tout serait parti d’une violente dispute téléphonique. C. Dione se serait ensuite présentée chez elle vers 3 heures du matin, en tentant de défoncer sa porte avec un couteau à pain. M. Diouf soutient avoir agi en légitime défense après avoir réussi à lui arracher l’arme.
Une version fermement contestée par C. Dione, qui nie s’être rendue au domicile de son amie. Elle affirme plutôt l’avoir croisée dans la rue vers 1 heure du matin, alors qu’elle cherchait des explications sur des injures qui auraient visé sa mère.
« Elle a failli me trancher la gorge »
C. Dione présente également un bilan physique lourd : plusieurs blessures sur le corps, une ITT de 10 jours et des cicatrices qu’elle qualifie d’indélébiles. Elle affirme avoir échappé au pire grâce à l’intervention d’un chauffeur de taxi et accuse son amie d’avoir tenté de lui trancher la gorge.
Face à ces accusations croisées, les débats ont pris une tournure particulièrement tendue. Le président du tribunal s’est notamment interrogé sur la préméditation des faits, déclarant directement à M. Diouf : « Votre acte était prémédité. »
Dans son réquisitoire, le procureur a, pour sa part, qualifié les actes reprochés d’« inhumains », insistant sur la gravité des violences évoquées à la barre.
Deux demandes de dommages et intérêts
L’avocat de C. Dione, Me Oumar Sène, a insisté sur les conséquences physiques et psychologiques subies par sa cliente. Il a réclamé 2 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts, tout en contestant la version selon laquelle celle-ci aurait été armée d’un couteau.
De son côté, M. Diouf a également formulé une demande reconventionnelle de 2,5 millions de francs CFA.
Au terme des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 6 octobre prochain.
Ainsi, d’anciennes amies se retrouvent désormais face à la justice, chacune dénonçant les violences dont elle affirme avoir été victime.
Mbour : Une dispute entre amies vire au cauchemar en pleine nuit
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