Transporteur de son vivant, El Hadji Bathie Diop fut bien plus qu’un professionnel du volant. Proche de la famille d’El Hadji Malick Sy et compagnon fidèle de Serigne Cheikh Tidiane Sy, il s’était imposé, dans les cercles tidianes de Dakar, par sa disponibilité, sa discrétion et son sens du service. À l’approche des grands rendez-vous religieux, notamment le Gamou de Tivaouane, son savoir-faire dans l’organisation du transport des dahiras faisait de lui un homme incontournable. Disparu, il demeure dans les mémoires comme un homme de foi, de loyauté et de fidélité, dont l’empreinte reste profondément gravée dans le cœur de ceux qui l’ont connu.
Le nom d’El Hadji Bathie Diop est à jamais ancré dans la mémoire collective. Bien qu’il ne soit plus de ce monde, son nom continue de résonner sur les lèvres des uns et des autres, comme s’il était encore parmi nous. Ni guide religieux encore érudit de renom, Pourtant, dans la région de Dakar, El Hadji Bathie Diop était connu et respecté. Transporteur de son vivant, El Hadji Bathie Diop se distinguait par se disponibilité, sa discrétion, sa simplicité et, surtout, sa loyauté à toute épreuve. C’est surtout à l’approche des grands rendez-vous religieux comme la gamou célèbre ce mardi que son talent prenait toute sa dimension. Les Tidianes de Dakar se souviendront longtemps de la manière dont il orchestrait le transport des Dahiras vers la ville sainte de Tivaouane. Tout était pensé dans les moindres détails : une logistique parfaitement maîtrisée, une organisation rigoureuse et une conduite à la fois ferme et rassurante.Il avait ses propres méthodes, un secret et une certaine manie qu’il était le seul à connaître et à maîtriser, faisant de lui un homme à part dans l’organisation de ces grands déplacements religieux.Son ancrage spirituel était d’une profondeur qui s’expliquait par le fait que son engagement ne venait pas de nulle part. Il était un proche de la famille d’El Hadji Malick Sy, un lien qui remontait à ses deux parents, tous deux fervents croyants.C’est au rythme des sermons et des séances de zikr de la Tidjania qu’il a été bercé et entouré dès son plus jeune âge. Chez lui, la foi n’était pas un simple habit que l’on revêt. Elle était bien plus profonde : elle faisait partie de lui, elle était sa seconde peau.On pourrait le qualifier de compagnon légendaire. Son accompagnement aux côtés de Serigne Cheikh Tidiane Sy est resté profondément gravé dans les mémoires. Légendaire, dit-on, tant sa présence à ses côtés fut marquée par la fidélité, le dévouement et une disponibilité sans faille.Avec Abdou Aziz Sy Junior, c’était autre chose : une véritable complicité. Celle qui unit les hommes qui se comprennent d’un regard, se font confiance sans avoir besoin de mots et partagent une même exigence de discrétion et de loyauté.Au croisement du service, de la spiritualité et de la fidélité, il a patiemment tracé son sillon. Sans bruit, sans recherche de reconnaissance, il a servi avec constance et conviction. Il faisait partie de ces hommes qui ne cherchent jamais la lumière, mais dont la présence finit par devenir indispensable.Né dans la contrée de Gabane, à quelques encablures de Louga, ce fils de la lignée des Diop, dont le père était disciple de la tarikha tidiane, quittera, comme beaucoup de jeunes de son âge, le cercle familial pour partir à la conquête de la capitale du Ndiambour, à la recherche de nouvelles aventures.Discret dans sa manière d’être, immense dans sa fidélité, il demeure, des années après, inoubliable Portant en bandoulière les attentes de ses parents, il comprit très tôt que sa survie, la préservation des liens familiaux et la construction de son avenir résidaient dans le travail, ce travail qui anoblit l’homme.Ainsi, de corvées en chantiers, il gagnera progressivement la considération et la sympathie de ses partenaires. Mais il ne se contentait pas de travailler pour lui-même. Toujours disponible, il n’hésitait jamais à apporter sa solidarité et son secours aux plus faibles, aux personnes âgées comme aux tout-petits….L’étape de Joal l’a profondément marqué, tant elle fut jalonnée de difficultés et d’épreuves. C’est d’ailleurs alors qu’il était malade qu’il quitta Joal pour rallier Tivaouane.Ce passage marqua un tournant dans son parcours et contribua à renforcer sa proximité avec la famille religieuse Sy, notamment avec Serigne Cheikh Tidiane Sy. C’est sous la bénédiction de Cheikh Tidiane Sy qu’il mit sur pied son entreprise, qu’il baptisa Ndiambour Transport. Entrepreneur émérite, il a pris part à la construction du remblai et à l’aménagement de la berge de Diokoul à Thiawlène, sur un linéaire de 7 km, pour lutter contre l’avancée de la mer, parmi tant d’autres réalisations. La carrière de basalte de Khombole était également à son actif. Il disposait d’un parc d’engins composé notamment de camions et de caterpillars entre autres.


