Dakar a vibré au rythme du football ces derniers mois. Entre octobre 2025 et avril 2026, la Ligue de football de Dakar a orchestré plus de 600 matchs, impliquant près de 150 clubs. Une performance organisationnelle remarquable qui témoigne du dynamisme du football local. Pourtant, derrière cette intense activité sportive, c’est une réalité bien plus préoccupante qui s’impose : celle d’un modèle économique fragile.
Réunis en Assemblée générale d’informations ce samedi, les acteurs du football dakarois ont dressé un bilan sans détour. Le président Mamadou Niang Mbaye a salué les efforts du personnel et des districts, tout en insistant sur les défis structurels. « Organiser plus de 600 matchs, ce n’est pas donné à tout le monde », a-t-il rappelé, soulignant l’engagement collectif qui a permis de maintenir le cap malgré les difficultés.
Dans le détail, les compétitions se répartissent entre la Coupe du Sénégal (84 matchs), le championnat régional (350 matchs), les catégories juniors et cadets, ainsi que les zones de Keur Massar et Rufisque. Un volume d’activités impressionnant, rendu possible grâce à l’implication des dirigeants, souvent contraints de préfinancer les opérations.
Car le principal enjeu reste financier. Avec des dépenses estimées à 45 millions FCFA contre seulement 24,4 millions de recettes, la Ligue accuse un déficit significatif. La subvention de 12 millions FCFA accordée par la Fédération Sénégalaise de Football, bien que saluée comme une première, est jugée largement insuffisante face à des charges hebdomadaires avoisinant les 3 millions FCFA.
Le vice-président chargé des finances, Ousmane Thiongane, a insisté sur la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement, notamment à travers le marketing et le sponsoring. Une orientation stratégique partagée par le président, qui appelle à une mobilisation des entreprises dakaroises pour soutenir le football local.
Au-delà des chiffres, la Ligue affiche des ambitions claires : renforcer la formation des encadreurs et du personnel médical, améliorer la communication avec la diffusion de matchs en direct et une présence accrue sur les réseaux sociaux, mais aussi soutenir les clubs engagés sur la scène continentale, à l’image de ASC Jaraaf et Génération Foot.
Certaines initiatives devront toutefois attendre. La Coupe de la Ligue de beach soccer ne sera pas organisée cette année, faute de délais suffisants. En revanche, des efforts sont annoncés pour développer le football féminin, signe d’une volonté d’élargir les horizons.
En conclusion, la Ligue de football de Dakar avance sur une ligne de crête : portée par une passion indéniable et une activité soutenue, elle doit désormais relever le défi crucial de sa viabilité économique. Pour Mamadou Niang Mbaye, l’objectif est clair : faire de Dakar une place incontournable du football sénégalais. Mais pour y parvenir, une condition s’impose plus que jamais : l’union des forces et un soutien financier à la hauteur des ambitions.

