Sénégal : le FMI et les autorités s’accordent sur les bases d’un nouveau programme de 2,2 milliards de dollars
Le long feuilleton des discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) semble désormais toucher à sa fin. Au terme de sa mission à Dakar, menée du 19 août au 1er septembre 2026, l’équipe du FMI conduite par Mercedes Vera Martin est parvenue à un accord au niveau des services avec les autorités sénégalaises sur les principales orientations économiques devant servir de socle à un nouveau programme.
D’une durée de 36 mois, ce programme serait conclu au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de droits de tirage spéciaux (DTS). Cette enveloppe représente 475 % de la quote-part du Sénégal et vise à accompagner le programme de réformes économiques et financières des autorités sur la période 2026-2029.
Deux conditions avant l’approbation du programme
L’accord conclu au niveau des services n’est toutefois pas encore définitif. Il doit être soumis à l’approbation de la direction du FMI puis de son conseil d’administration.
Deux conditions doivent au préalable être remplies. Les autorités sénégalaises devront mettre en œuvre des mesures correctrices jugées résolues dans le cadre de leur demande de dérogation liée au cas de communication d’informations erronées. Elles devront également obtenir les assurances de financement nécessaires auprès des partenaires du Sénégal.
Une fois approuvé, le nouveau programme devrait contribuer à mobiliser des ressources supplémentaires auprès de plusieurs partenaires au développement, notamment la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
Une économie portée par le pétrole
Malgré les difficultés budgétaires et financières auxquelles le pays est confronté, le FMI souligne la résilience de l’économie sénégalaise. La croissance a atteint 6,7 % en 2025, principalement grâce au démarrage de la production pétrolière, dont il s’agissait de la première année complète.
Hors hydrocarbures, la progression de l’activité est toutefois restée plus modérée, à 2,2 % sur la même période. L’inflation a, pour sa part, été contenue à 1,4 %, restant ainsi dans la fourchette cible.
La dynamique semble néanmoins s’être améliorée au début de 2026. Au premier trimestre, la croissance hors hydrocarbures a rebondi à 4,7 % en glissement annuel, soutenue notamment par le dynamisme de la consommation des ménages.
Assainir les finances publiques tout en protégeant les ménages
Le programme envisagé par les autorités et le FMI repose sur un double impératif : rétablir la viabilité des finances publiques tout en préservant les populations les plus vulnérables.
La stratégie budgétaire devrait ainsi combiner une meilleure mobilisation des recettes intérieures avec une rationalisation des dépenses publiques. En parallèle, les autorités entendent renforcer les mécanismes de protection sociale, notamment à travers des transferts monétaires ciblés en faveur des ménages les plus fragiles.
À partir de 2027, le gouvernement prévoit également d’adopter une stratégie de recettes à moyen terme destinée à améliorer durablement la mobilisation fiscale. L’objectif est de dégager davantage de marges budgétaires pour financer les dépenses jugées prioritaires.
Le programme prévoit également plusieurs mesures destinées à améliorer la gouvernance des finances publiques. Elles concernent notamment une meilleure gestion de la dette, un suivi plus rigoureux des arriérés intérieurs et un renforcement de la supervision des entreprises publiques.
Des réformes visant à améliorer l’environnement des affaires et à favoriser l’inclusion financière figurent également parmi les priorités annonc


