Lors de son passage au journal télévisé de la RTS, le directeur général de Senelec, Papa Toby Gaye, s’est expliqué sur l’impression, largement partagée par certains usagers, de voir leurs crédits Woyofal s’épuiser plus rapidement.
Le DG de Senelec a d’abord écarté l’hypothèse d’une nouvelle hausse des tarifs. Il a rappelé qu’une baisse des prix de l’électricité est entrée en vigueur le 1er janvier 2026, après validation par la CRSE. Pour les clients domestiques de petite puissance utilisant le Woyofal ou le post-paiement, le prix du kilowattheure est ainsi passé de 91,17 à 82 francs CFA, soit une baisse de 10 % sur la première tranche.
Une consommation des ménages en hausse
Selon Papa Toby Gaye, l’impression d’un épuisement plus rapide des crédits s’explique notamment par l’évolution de la consommation des ménages. Avec une demande en électricité plus importante, les foyers consomment davantage de kilowattheures. Les crédits peuvent donc diminuer plus rapidement, même lorsque le prix unitaire de l’électricité a baissé.
Dans un compte rendu publié par Senenews, le directeur général met également en avant le fonctionnement progressif du parc de production de Senelec.
Toutes les centrales ne produisent pas l’électricité au même coût. Lorsque la demande est faible, les unités les moins coûteuses peuvent suffire à couvrir les besoins. Mais lorsque la consommation augmente, Senelec doit progressivement mobiliser des moyens de production plus chers.
Papa Toby Gaye cite notamment Scaling Solar, dont le coût de production se situerait entre 27 et 30 francs CFA le kilowattheure, contre environ 48 francs CFA pour la centrale à charbon de Sendou.
Vers une tarification selon les heures ?
Le directeur général évoque par ailleurs la possibilité d’introduire une tarification différenciée selon les périodes, avec des heures pleines et des heures creuses. Une tarification moyenne pourrait également être discutée, notamment en raison du nombre important de clients concernés par la première tranche, qui avoisine les 900 000.
Des anomalies de compteurs également signalées
La question des compteurs a également été abordée. Papa Toby Gaye écarte l’idée d’un dysfonctionnement généralisé, tout en reconnaissant l’existence de cas d’anomalies.
Les données évoquées montrent toutefois que le problème n’est pas totalement marginal. Quelque 15 % des contestations liées à la facturation seraient attribuées à un défaut de compteur qui n’avait pas été identifié au préalable par Senelec. L’enquête fait également ressortir que 8 % des factures présentent des écarts importants par rapport à la facture précédente. Par ailleurs, 8 % des clients en post-paiement enregistrent des pics de consommation supérieurs au double de leur moyenne habituelle.
Le DG précise que les compteurs sont étalonnés avant leur mise en service par la Direction de la métrologie et du contrôle, et non directement par Senelec. Les clients qui constatent une anomalie sont ainsi invités à la signaler afin qu’un contrôle puisse être effectué.
« Il arrive parfois qu’il y ait des compteurs qui se détraquent », a reconnu Papa Toby Gaye.


