La Fédération des Acteurs de la communication et de l’information du Sénégal (FACS) monte au créneau sur les conditions d’accès au Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP). Réuni mercredi 2 septembre, son Bureau exécutif national a demandé à ses entreprises membres de surseoir au dépôt de leurs demandes de subvention, estimant que les critères d’éligibilité actuels ne tiennent pas suffisamment compte des réalités économiques et du niveau de structuration des entreprises de presse sénégalaises.
Selon la FACS, nombre d’entreprises rencontrent des difficultés à satisfaire aux exigences fixées par l’administration du FADP, dans un contexte marqué par des difficultés économiques et financières persistantes dans le secteur des médias. La Fédération souligne également les écarts importants en matière de formalisation et de structuration des entreprises de presse.
Pour la FACS, le fonctionnement du FADP depuis sa création en 2021 reste davantage assimilable à celui d’une subvention classique d’aide à la presse qu’à un véritable mécanisme de financement du développement des entreprises. Elle estime notamment que le Fonds ne dispose toujours pas des outils financiers et techniques nécessaires pour accompagner efficacement des projets d’investissement.
La Fédération pointe, entre autres, l’absence d’un comité de crédit suffisamment qualifié pour instruire les projets d’entreprises, ainsi que l’absence de lignes de crédit ou de garantie mobilisables auprès des banques.
Face à cette situation, la FACS plaide pour une administration concertée du FADP avec les acteurs de la presse, à l’image du dispositif mis en place en 2021. Elle appelle ainsi à privilégier la concertation plutôt qu’une application stricte de textes qu’elle juge désormais inadaptés à l’évolution du paysage médiatique.
La Fédération propose notamment une réactualisation du tableau officiel de répartition du Fonds, utilisé entre 2021 et 2023, afin de mieux prendre en compte les différents niveaux de conformité et de structuration des entreprises. L’objectif serait également d’encourager progressivement les entreprises à renforcer leur formalisation en leur permettant d’accéder à des niveaux de soutien plus importants.
Autre proposition : la mise en place, par le ministère chargé de la Communication, d’un programme de formalisation et de structuration des entreprises de presse sur deux ans, en partenariat avec des structures d’appui telles que l’ADEPME. Une partie de l’enveloppe annuelle du FADP pourrait, selon la FACS, être consacrée au financement de ce programme.
La Fédération estime qu’au terme de cet accompagnement, les entreprises bénéficiaires devraient être pleinement conformes aux exigences réglementaires pour continuer à bénéficier des avantages du Fonds.
Cette prise de position de la FACS ouvre ainsi un nouveau débat sur la gestion du FADP et sur la nécessité d’adapter ses mécanismes aux réalités actuelles des entreprises de presse sénégalaises.


