DÉCLARATION DE LA FNCL
À l’issue de l’Assemblée générale tenue le 30 août 2025, la Fédération Nationale des Cadres Libéraux (FNCL) exprime sa position sur la situation nationale, dans un contexte marqué par des défis structurels et des signaux politiques majeurs.
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1. Gestion des inondations : Touba, Dakar, Thiès, Vallée du Fleuve
Les inondations récurrentes dans plusieurs zones du pays mettent en lumière une vulnérabilité structurelle aggravée par les effets du changement climatique. À Touba, Dakar, Thiès et dans la Vallée du Fleuve, les populations vivent des drames qui auraient pu être anticipés — surtout après les assurances données l’année dernière que « cet hivernage n’était pas le leur ».
Face à cette situation :
✅ La FNCL exige le déclenchement immédiat du plan ORSEC et une prise en charge urgente des sinistrés.
✅ Mais au-delà de l’urgence, nous appelons à une réforme structurelle de la politique d’aménagement du territoire et de gestion des eaux, incluant :
Création d’une Agence nationale de résilience climatique urbaine, dotée de moyens conséquents.
Intégration systématique du risque hydrologique dans les plans d’urbanisme et les projets d’infrastructure.
Mise en place de bassins de rétention et de systèmes de drainage intelligents, adaptés aux réalités locales.
Partenariat renforcé avec les collectivités territoriales, les ingénieurs sénégalais et les communautés de base pour co-construire des solutions durables.
Les inondations ne doivent plus être considérées comme des fatalités saisonnières, mais comme un défi de gouvernance et de justice territoriale.
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2. Démocratie et libertés
La FNCL rappelle que la démocratie et les libertés individuelles sont le socle historique et moral du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Elles ne sont ni négociables ni secondaires.
Nous constatons pourtant une régression préoccupante :
Garde à vue prolongées et mandats de dépôt systématiques.
Judiciarisation de la parole publique qui menace la liberté d’expression.
Instrumentalisation de la justice, fragilisant l’État de droit.
✅ La FNCL exige la mise en place rapide des juges des libertés, pour rétablir l’équilibre entre sécurité et droits fondamentaux.
✅ Nous appelons à réformer le traitement des délits d’opinion, en privilégiant des sanctions pécuniaires plutôt que pénales, afin de préserver un débat politique fondé sur les idées, et non sur la peur.
Le PDS ne transigera jamais sur ces principes. Entre deux élections, la vitalité démocratique se mesure à la qualité des libertés garanties.
C’est pourquoi nous appelons à une grande mobilisation nationale pour la libération des détenus injustement incarcérés pour des délits d’opinion.
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3. Situation économique
La récente mission du FMI s’est déroulée dans un contexte marqué par :
Vulnérabilité budgétaire.
Tensions sociales croissantes.
La FNCL alerte sur des risques majeurs :
Dégradation de la note souveraine du Sénégal.
Pression budgétaire accrue.
Hausse brutale du coût de la vie, en cas de suppression des subventions recommandée par le FMI.
Blocage des projets de développement (infrastructures, agriculture, services sociaux).
Risque d’austérité sociale, qui pourrait fragiliser la cohésion nationale.
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4. Réformes législatives à l’Assemblée nationale
Le 26 août, plusieurs lois majeures ont été adoptées :
Loi sur la protection des lanceurs d’alerte : avancée importante mais zones d’ombre persistantes (définition floue, canaux de signalement incertains, risque d’instrumentalisation, questions éthiques sur la récompense financière).
Loi sur l’accès à l’information : saluée par la FNCL, mais sa mise en œuvre effective sera le véritable test.
Loi sur la déclaration de patrimoine :
Avancée notable (abaissement du seuil à 500 millions FCFA, élargissement des profils).
Mais exemption du président en fin de mandat, ce qui affaiblit la portée symbolique.
Absence de sanctions claires et manque de transparence (pas de publication systématique).
✅ La transparence ne doit pas être sélective. Elle doit être exemplaire.
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5. Préoccupations quotidiennes des Sénégalais
Les réformes n’ont de sens que si elles améliorent la vie des citoyens. Or, aujourd’hui :
Les denrées de première nécessité restent hors de portée, sans mécanisme efficace de régulation.
L’accès à l’eau potable et à l’électricité demeure coûteux, pénalisant les foyers modestes.
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Conclusion
La FNCL rappelle au gouvernement que ce ne sont pas des annonces ni des promesses dont le peuple a besoin, mais des actes concrets qui réparent, protègent et redistribuent.
Fait à Dakar, le 30 août 2025

