L’accord conclu au niveau des services entre le Fonds monétaire international (FMI) et le Sénégal suscite des interrogations sur l’avenir des subventions, notamment celles consacrées à l’électricité et au carburant. La question est désormais de savoir si le Gouvernement a intégré une éventuelle réforme dans son Projet de loi de finances rectificative (PLFR) soumis à l’Assemblée nationale.
Dans le document, les autorités annoncent plusieurs mesures destinées à « réformer le dispositif de subventions énergétiques ». L’objectif affiché est de passer progressivement d’un système de subvention généralisé à un mécanisme davantage ciblé.
Ce nouveau dispositif devrait prioritairement bénéficier aux ménages vulnérables, au transport collectif ainsi qu’aux activités jugées essentielles. Le Gouvernement explique que cette orientation vise à renforcer l’équité sociale tout en assurant une meilleure soutenabilité des finances publiques.
La réforme devrait également s’accompagner d’un renforcement des filets sociaux. À titre d’exemple, l’enveloppe destinée aux bourses de sécurité familiale (BSF) est appelée à doubler : elle passerait de 35 milliards de FCFA dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026 à 70 milliards de FCFA dans la LFR 2026.
Par ailleurs, le Gouvernement indique que la facture des subventions énergétiques a fortement augmenté. Elle serait passée de 250 milliards à 790,3 milliards de FCFA, soit une progression de 540,3 milliards de FCFA. Cette hausse est notamment attribuée à l’augmentation du cours du baril.
La subvention énergétique représenterait ainsi 3,5 % du PIB dans les nouvelles prévisions, contre 1,1 % dans la LFI 2026. Le PLFR prévoit donc une réorientation progressive du système, avec un ciblage accru des bénéficiaires plutôt qu’une suppression immédiate et généralisée des subventions.


