À Rufisque, la lutte contre l’érosion côtière est loin d’être terminée. Alors que des portions de digues présentent des signes d’affaissement, les populations redoutent une nouvelle progression de la mer. Le cimetière, lieu de mémoire et de repos, est lui aussi menacé par cette érosion qui fragilise le littoral.
Il y a à peine deux ans, une violente houle avait détruit une trentaine de maisons à Bargny. Dans cette partie du littoral sénégalais, le recul du trait de côte est estimé entre 0,5 et 2 mètres par an, selon les éléments rapportés dans le texte.
Depuis les années 1980, plusieurs dispositifs de protection ont été aménagés à Rufisque, notamment des digues, des gabions et des enrochements. Après les épisodes de submersion marine de 2007, des ouvrages supplémentaires ont été réalisés, en particulier à Diokoul et à Thiawlène.
Plus récemment, des projets financés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et exécutés par l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public contre le sous-emploi (AGETIP) ont permis de renforcer certains tronçons du littoral.
Malgré ces interventions, plusieurs secteurs non couverts demeurent vulnérables, selon des experts cités dans le texte. Les signes d’affaissement observés sur certaines portions de digues relancent ainsi les interrogations sur la durabilité des ouvrages et la protection des zones les plus exposées.
À Rufisque, l’avancée de la mer reste donc un défi majeur, avec des enjeux humains, patrimoniaux et environnementaux.


