La présidente du Réseau 1001 Femmes, Pauline Touré, appelle à repenser l’entrepreneuriat féminin au Sénégal en dépassant les modèles traditionnels centrés sur l’informel, le microcrédit et les activités de subsistance. Son ambition : faire du potentiel créatif des femmes un véritable levier de souveraineté économique grâce à l’industrialisation, à la professionnalisation et à l’innovation.
« Pour que ce génie créatif devienne le moteur de notre souveraineté économique, nous devons briser le plafond de verre de l’artisanat pour basculer vers l’excellence industrielle », a-t-elle déclaré, plaidant pour une transition « de la marmite familiale au laboratoire certifié ».
Pauline Touré s’exprimait lors du lancement officiel du Programme ESSOR, organisé dans le cadre de la première édition du Forum d’investissement stratégique sur l’entrepreneuriat féminin. Cette rencontre a réuni des associations féminines et des représentantes d’institutions publiques autour du thème : « De la subsistance à l’excellence industrielle : structurer l’entrepreneuriat féminin par les normes QHSE, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et le mentorat pour bâtir la souveraineté économique du Sénégal ».
La présidente du Réseau 1001 Femmes a notamment mis en avant le potentiel de plusieurs secteurs, dont la cosmétique naturelle, la phytothérapie, la diététique, l’agrobusiness et l’artisanat. Autant de domaines dans lesquels les femmes développent des compétences et des savoir-faire susceptibles de contribuer davantage à la transformation économique du pays.
Présente à cette rencontre au nom de la ministre de la Femme et des Solidarités, Djima Aby Sané a, pour sa part, identifié trois priorités : l’industrialisation et la professionnalisation des entreprises féminines, le renforcement du leadership des femmes et l’amélioration de leur accès au financement et aux marchés.
L’objectif, selon elle, est de faire évoluer les initiatives individuelles vers des entreprises structurées, capables de conquérir les marchés nationaux et internationaux et de développer des chaînes de valeur créatrices d’emplois et de richesses.
Malgré leur dynamisme et leur capacité d’innovation, de nombreuses entrepreneures restent confrontées à des difficultés d’accès aux financements adaptés, à la normalisation de leurs produits, à l’accompagnement technique et managérial ainsi qu’aux circuits de commercialisation formels.
Pour lever ces obstacles, Djima Aby Sané a insisté sur la nécessité d’investir davantage, de renforcer la maîtrise des normes de qualité et d’améliorer les capacités de production. Elle a également souligné l’importance de la formation en gestion, planification, négociation, marketing et management.
À travers cet appel, Pauline Touré met en avant un enjeu majeur pour l’économie sénégalaise : permettre aux femmes entrepreneures de franchir un nouveau cap, en passant de petites activités économiques à des entreprises compétitives, innovantes et capables de contribuer pleinement à la souveraineté industrielle du Sénégal.
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