Ancien directeur de l’OFOR et de l’ONAS et président du Conseil d’administration de l’APIX-SA, Lansana Gagny Sakho a publié un ouvrage intitulé « Gouverner est un Métier ». Dans cet entretien sans concession, le praticien de la haute administration africaine revient sur la genèse de son essai et répond aux critiques formulées lors de sa campagne de promotion. Réfutant toute charge ad hominem ciblée, il livre une analyse sans détour sur le « déficit de méthode » qui gangrène les États africains, l’urgence de préserver la mémoire institutionnelle, la transformation stratégique de l’emploi des jeunes et la nécessité impérieuse de professionnaliser la gouvernance publique.
Seneweb : On pourrait penser que le livre est adressé à votre propre camp, tant les premières années de l’ère Diomaye-Sonko ont été marquées par des couacs : est-ce une leçon de méthode administrée à vos alliés ?
Cette lecture révèle précisément la confusion que le livre cherche à dissiper. « Gouverner est un Métier » a été finalisé avant même que cette ère ait commencé. On ne peut pas écrire, sur vingt-cinq ans d’expérience, une leçon de méthode destinée à des événements qu’on ne pouvait pas anticiper.
Mais je comprends la tentation. Quand un ouvrage sonne juste dans le contexte du moment, on cherche à en faire un commentaire de l’actualité. Ce serait lui faire trop d’honneur dans un sens, et l’appauvrir dans un autre. Les principes qu’il articule — la préparation en amont, la mémoire institutionnelle, la rigueur des processus — s’appliquent à toute transition politique, de Dakar à Nairobi, d’Abidjan à Kampala.
Ce livre n’est pas une lettre ouverte à un gouvernement. C’est un traité à destination de ceux qui, partout en Afrique, prendront un jour les commandes d’un État.

