Bien que portée sur les fonts baptismaux par trois chefs d’État africains et un Prince asiatique, la Francophonie reste un appendice du Quai d’Orsay. Elle est donc aux antipodes de l’ONU.
En février 2002 à Beyrouth, c’est le Président Jacques Chirac qui supplia l’ex-Président Abdou Diouf d’accepter la charge de Secrétaire général de l’OIF.
Les « Mémoires » du deuxième Président de la république du Sénégal en témoignent au fil des pages.
Le candidat de l’Afrique centrale était le Professeur et écrivain Henri Lopès du Congo-Brazzaville qui, au regard de la vocation originelle de la Francophonie, avait le parfait profil.
Abdou Diouf est, certes, un énarque francophone mais intellectuellement, il n‘est du même calibre que Senghor, Théophile Obenga ou Boutros Ghali.
À la Francophonie, on ne vote vraiment pas comme aux Nations-Unies. C’est la France qui « élit ». Sinon comment comprendre qu’une Rwandaise qui trébuche sur le subjonctif y collectionne des mandats ?
Parce que la Francophonie n’est plus un instrument de promotion de la langue de Pagnol ; elle est maintenant un levier d’action géopolitique.
Suivez mon regard ! C’est l’armée de Paul Kagamé qui sécurise les installations pétrolières de la française TOTAL Énergies à Cahora Bassa, au Mozambique.
S’agissant d’Alpha Oumar Konaré, son élection à la tête de la Commission avait provoqué des murmures…de déception. Il avait bousculé l’ancien Ministre des Affaires Étrangères de la Côte d’Ivoire, Amara Essi.
Il est clair que si le Vieux de Yamoussoukro (Houphouët Boigny) avait été en vie, Alpha Oumar Konaré n’aurait pas osé agir de la sorte.
L’ambition surprenante de l’ancien Président Konaré avait d’autant plus déçu que c’est l’Ivoirien Amara Essi qui avait, par un travail acharné et méthodique, piloté la transition de l’OUA vers l’UA.
On est en face de deux cas distincts. Dans le premier, Abdou Diouf a été propulsé – à son corps défendant et sous la pression de son ami Chirac – aux commandes de la Francophonie. Tandis que dans le deuxième, Alpha Oumar Konaré a poussé la porte avec force.
Pour en finir avec les Nations-Unies – et vraiment en finir – , mon idée a été déclinée de façon involontairement bancale dans mon précédent article. J’ai voulu dire qu’aucun ex-chef d’État n’a été élu Secrétaire général de l’ONU.

