Loi d’amnistie : l’APR monte au créneau et accuse le Pm Sonko de « vengeance politique »

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Dans un communiqué virulent, l’Alliance pour la République (APR, ex-parti au pouvoir) condamne le vote par la majorité présidentielle d’une loi d’interprétation de la loi d’amnistie. Le parti de Macky Sall y voit une manœuvre pour « absoudre les commanditaires de crimes » tout en « criminalisant » les forces de l’ordre. Il annonce un recours devant le Conseil constitutionnel.

L’APR a vivement réagi au vote, mercredi, d’une loi interprétative de la loi d’amnistie par la majorité présidentielle Pastef. Le texte, adopté par 126 voix contre 19, suscite une polémique politique intense.

Dans son communiqué, l’ex-parti au pouvoir dénonce une « loi scélérate » qui selon lui vise à « absoudre les commanditaires et auteurs de délits et de crimes » tout en « indexant les Forces de Défense et de Sécurité ». L’APR estime que cette loi « criminalise » l’action des forces de l’ordre lors des troubles passés, alors qu’elles ont selon le parti « fait échec au projet insurrectionnel ».

Le ton monte d’un cran avec des accusations directes contre le Premier ministre Ousmane Sonko, accusé de poursuivre une « logique implacable de clochardisation des institutions » pour « assouvir son désir de vengeance ». L’APR parle d’une loi qui « rouvre les plaies » et « promet un retour en arrière funeste ».

Face à cette offensive législative, l’APR annonce que ses parlementaires du groupe Takku Wallu Sénégal saisiront « dans les plus brefs délais » le Conseil constitutionnel. Ils estiment le texte « partial, sélectif et contraire au principe d’égalité devant la loi ».

En conclusion de son communiqué, l’APR appelle les Sénégalais à se mobiliser pour soutenir les FDS, présentées comme les « remparts contre l’insurrection ». Ce texte intervient dans un climat politique toujours tendu, un an après l’alternance.

Ce vote s’inscrit dans le débat sur la gestion judiciaire des violences politiques des dernières années, un dossier ultrasensible au Sénégal. La majorité présidentielle défend une lecture stricte de l’amnistie, tandis que l’opposition y voit une réécriture de l’histoire.

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