Quitte à perdre des amitiés nées, ces derniers mois, de mes critiques acerbes contre le pouvoir Pastef, je n’ai d’autre choix que de laisser libre cours à ma conscience relativement à l’incarcération, hier, de Farba Ngom, le tonitruant homme-lige de Macky Sall, que la justice financière a jeté en prison dans le 1er d’une série de scandales financiers et fonciers l’impliquant.
Imaginez-vous : il y a quelques-années à peine, ce type n’était qu’un coursier au service de lutteurs de l’arène et servait de chasseur de clients dans les gares routières.
Or, le Sénégal entier sait, à travers le procès qui lui était intenté pour malversations financières, qu’il n’était pas seulement riche illégalement comme Crésus mais l’est plus qu’au moins deux Présidents des États-Unis d’Amérique réunis -et l’est devenu à la vitesse du son !
En réalité, Farba Ngom n’est que le prototype le plus achevé d’une horde de sauvages pilleurs, surgis comme bourgeons en hivernage, qui, sous le régime saccageur et tueur, liberticide, du plus sanguinaire et kleptocratique Chef de l’Etat, pire que Attila, n’a rien laissé pousser après son passage ravageur sur les ressources du pays.
Pendant plus de 12 ans, puisque la curée a commencé sous le régime d’Abdoulaye Wade, Farba Ngom, au service de Sall, n’en a eu cure, se goinfrant tel un porc, se remplissant poches et comptes, détournant sans ciller tout ce qui était à sa portée.
En arriver à ce qu’un type dont les avoirs auraient pu être contenus dans un gafaka (une bourse) de grand-mère se retrouve à ne compter qu’en milliards de francs cfa, c’est qu’il y avait eu une hérésie pour le permettre.
Je salue donc autant la décision de la justice de le coffrer, premier pas d’une reddition indispensable des comptes qui ne doit laisser aucun coupable impuni encore moins se limiter à des menaces non suivies d’actes impitoyables.
La farce n’est pas de mise. Surtout en direction des soutiens corrompus et écervelés de ce voleur industriel.
Les voir, ignorant tout des critères qui gouvernent le déclenchement des procédures de la Cour pénale internationale (Cpi) aller jusqu’à se ridiculiser devant son siège pour réclamer sa libération montre à quel point notre société est pourrie.
C’est qu’à son exemple, ses relais, payés rubis sur l’ongle, pour porter son indéfendable cause n’ont rien compris, sauf à être inconscients des torts au pays et au peuple, des malheurs nés de la mal-gouvernance cupide et violente qui a laissé sous terre, failli, le Sénégal.
Je félicite les services de l’Etat Sénégalais d’avoir opéré cette légitime arrestation en passant outre les tentatives ethnicistes que quelques attardés ont voulu actionner dans le Fouta pour espérer ainsi placer Farba Ngom loin des serres de la justice. Comme s’il pouvait continuer de bénéficier de cette crasse impunité, cet écosystème destructeur de valeurs citoyennes d’équité et démocratiques, lui ayant permis, lui, le bouvier, de se croire au-dessus de la Loi.
Il faut aller plus loin cependant. Car, au fond, Farba Ngom n’est que la face visible d’un iceberg beaucoup plus toxique. Un alibi derrière lequel se profilent les ombres de ses commanditaires et acolytes juchés autant dans la société qu’au sommet de l’Etat sous l’inspiration du voleur suprême, Macky Sall.
Si l’Etat Sénégalais fait l’effort de frapper encore plus fort, sans peur ni faveur, en s’en prenant à la caste des criminels qui ont détruit les fondements de la République, qui n’approuverait pas cela ?
De Mansour Faye, qui s’égosille avec son verbiage, à Aliou Sall, Lansana Gagny Sakho, Katy Gadiaga, Abdoulaye Diouf Sarr, Racine Sy, Tahirou Sarr, Sophie Galadima, Manar et Malick Sall, Mamour Diallo, Mame Boye Diao, Amadou Sall, Marième Faye Sall, les Sows d’Aliou Ardo Sow, Mar Thiam et j’en passe, la liste est longue de personnes à traquer sans trembler et à faire rendre gorge et comptes !
Certes, nul ne doute que l’économie, l’Etat du Sénégal, traversent des heures sombres. En attendant de trouver des réponses structurelles à nos défis, la chasse à celles et ceux qui nous ont placé.e.s dans la pire situation conjoncturelle est un minimum, une bouffée d’oxygène, que nous n’avons pas la latitude de négliger.
Aucune pitié donc pour Farba Ngom dont le cynisme débordait de son arrogance sans limites qui lui a fait croire que le pauvre, moral et fiduciaire, qu’il a toujours été pouvait se permettre, sur les flancs d’un Etat fragile, se tailler des périmètres de milliards…avec un sentiment d’impunité que rien, absolument rien, ne pouvait justifier.
Le pouvoir Pastef ne doit pas reculer sur ce chantier: de grâce, ne cédez à aucune faveur à qui que ce soit. Afin que, demain, si les vôtres ayant devaient être jugé.e.s pour avoir commis les mêmes forfaits que les Farbas d’un Sénégal qui n’aurait jamais dû exister en cet état putride sachent, d’avance, à quelle sauce ils seront mangé.e.s.
En résumé, je salue l’arrestation de Farba Ngom et espère qu’elle n’est que le prélude à une saison fructueuse centrée sur la traque du gang de kleptocrates ayant sévi depuis plus de 12 ans sur le Sénégal.
Adama Gaye auteur d’Otage d’un Etat.