Diffusion de fausses nouvelles, discours incitant à la discrimination ethnique et contraire aux bonnes mœurs : Le journaliste Aliou Top risque 3 mois de prison
Dans les liens de la détention depuis le 13 mars 2025, le journaliste Aliou Top, administrateur du site Sunugal24 a comparu, ce mercredi, devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour diffusion de fausses nouvelles et discours incitant à la discrimination et contraires aux bonnes mœurs. Lors d’une émission sur sa chaîne, il soutenait que la radio Fulbé est un projet bien réfléchi et qu’elle était financée par la France. L’idée était d’avoir une télévision et une radio à l’image de France24, et que le projet était que la sous-région soit dominée par des présidents d’origine halpular au Sénégal, en Mauritanie, en Gambie, en Guinée-Bissau et en Guinée.
Aliou Top a donné l’exemple de la liste de Naaforé, lors des élections locales de 2024. Le prévenu a aussi déclaré que lors de la présidentielle, le président sortant Macky Sall avait choisi le candidat Amadou Diop sur la base de ce projet.
A la barre, après lui avoir notifié les infractions à lui reprochées, le juge lui a fait écouter son discours. Mais pour Aliou Top, « c’est une coupure de vidéo ». Le juge de rétorquer : « C’est ça qui nous intéresse. » Le prévenu d’avouer : « Je l’ai dit dans une vidéo. J’ai été induit en erreur par ma source. J’ai foi à cette source », dit-il.
La communauté halpular a été représentée par le professeur Ousmane Ndiaye, Ibrahima Daouda Sarr, Oumar Sow Abdourahmane Thiam et la radiotélévision Fulbé. Le groupe, qui avait porté plainte à la Division spéciale de cybercriminalité, a exprimé son indignation.
Reprenant la parole, Aliou Top, a déclaré qu’il s’est trompé sur le nom de la radio : « Je voulais dire Rfi Fulbé. » Et son intention était de sensibiliser sur le projet dont sa source lui a parlé. « Je suis halpular. Je fais partie de cette communauté. Mon intention était de sensibiliser. Parce que ce n’est pas toute la communauté qui soutient le projet », a-t-il soutenu.
Le conseil des parties civiles, Me Saly Saliou Thiam, lui a rappelé que Rfi Fulbé n’est pas une radio, c’est une émission de Rfi. Aliou Top dira : « C’est une erreur humaine. Pendant plus de 12 ans d’exercice, c’est la première fois que j’ai ce problème », a-t-il insisté avant de réitérer ses excuses face aux parties civiles qui lui ont tourné le dos.
Dans sa plaidoirie, Me Saly Saliou Thiam a estimé que le prévenu a tenu des propos extrêmement graves pour la cohésion sociale. Pour lui, Aliou Top n’a pas fait le travail de journaliste, en vérifiant l’information, avant de réclamer le franc symbolique.
Dans ses observations, le procureur de la République a estimé que le prévenu a présenté des excuses pour se tirer d’affaire, car devant les enquêteurs, il a déclaré qu’il a dans son portable des audio qui confirment ses dires. Pour le maitre des poursuites, le journaliste ne mesure pas la gravité de ses propos. Le ministère public a requis qu’il soit déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés et qu’il soit condamné à six mois de prison, dont trois mois ferme.
La défense, assurée par Maitres Sayba Danfakha et Moussa Diop, ancien DG de Dakar Dem Dikk, et Abou Dialy Kane, a sollicité la clémence du tribunal.
Délibéré le 16 avril.