Ce lundi, Bassirou Diomaye Faye célèbre son premier anniversaire à la tête du Sénégal. Une année marquée par des décisions fortes, avec des mesures visant le redressement économique du pays, la reddition des comptes, des stratégies pour le développement de l’éducation et de l’agriculture, ou encore le retrait des bases militaires françaises. Cependant, cette première année de Diomaye Faye au pouvoir a également été émaillée de couacs, de ratés et de tâtonnements.
Les nominations polémiques
Le 23 octobre 2024, le président Bassirou Diomaye Faye nomme Samba Ndiaye président du conseil d’administration de SN-HLM. Cinq mois plus tard, le nouveau PCA n’a toujours pas pris ses fonctions, faute de décret. La raison ? Une vive polémique. Samba Ndiaye, ex-proche de Macky Sall, avait insulté le leader Ousmane Sonko par le passé et a été rejeté par les militants du Pastef. Cette nomination s’ajoute à une liste de choix controversés qui n’ont laissé personne indifférent, qu’il s’agisse des adorateurs ou des détracteurs du tandem Diomaye – Sonko. Les nominations de Sophie Nzinga Sy, Aoua Bocar Ly ou encore Coumba Diallo ont également fait couler beaucoup d’encre.
Les polémiques internes
Critiquer le président Faye « au nom de la démocratie » : certains membres du Pastef s’en sont arrogé le droit. À tel point que des nominations décidées par Diomaye Faye ont suscité des critiques acerbes sur la place publique. Bassirou Kébé, directeur général de SN-HLM, s’en est indigné dans une déclaration à Seneweb : « Ce n’est pas normal de critiquer le président sur la place publique. Cela doit cesser. Nous avons des canaux pour le faire. » Ousmane Sonko, lui aussi, a dû voler au secours du chef de l’État lors d’un live pour rappeler ses militants à l’ordre.
Des polémiques ont également éclaté au sommet de l’État. Cheikh Oumar Diagne a publiquement critiqué la politique de Diomaye Faye et du gouvernement envers les tirailleurs, avant d’être contredit par le président lui-même et le porte-parole du gouvernement, puis limogé. Lors de la campagne des législatives, le Premier ministre Sonko a, à son tour, adressé des reproches publics à Diomaye Faye : « Un État ne doit pas être faible. J’ai interpellé plusieurs fois monsieur le président de la République. Si l’État ne règle pas ce problème, nous le ferons nous-mêmes, et nous en avons les moyens », a-t-il lancé après une attaque contre son convoi.
La croisade contre les médias
Pour améliorer les conditions de travail et de vie des journalistes, le gouvernement a entrepris une réforme de la presse. Mais cette refonte, initiée par le ministre Alioune Sall, a généré plus de tensions qu’elle n’a résolu de problèmes. Certains y voient une tentative de museler la presse privée, tandis que le patronat de la presse multiplie les sorties virulentes contre le ministère de la Communication. La dette des entreprises de presse constitue un autre point de discorde entre les deux parties, dont les relations semblent se distendre de plus en plus.
La loi d’amnistie interpellative
Que ce soit Bassirou Diomaye Faye ou Ousmane Sonko, tous deux avaient promis de supprimer la loi d’amnistie dès leur arrivée au pouvoir. Près d’un an plus tard, rien n’a été fait en ce sens. Il a fallu que Thierno Alassane Sall propose une loi visant à abroger cette mesure pour que le Pastef réagisse en urgence en élaborant une loi interprétative. Cette proposition déchaîne aujourd’hui les passions entre le pouvoir et l’opposition. Si le Pastef s’opposait à cette loi avant son accession au pouvoir, pourquoi se contenter de l’interpréter au lieu de l’abroger purement et simplement ?
Le dérapage d’Ousmane Sonko
Un Premier ministre qui appelle publiquement ses militants à se venger après une attaque, cela reste exceptionnel. Ce dérapage s’est produit pendant la campagne des élections législatives, après une agression contre le convoi du Pastef. « Que chacune des agressions subies par Pastef depuis le début de la campagne, que chaque patriote qu’ils ont agressé et blessé soit proportionnellement vengé. Nous exercerons notre droit légitime à la riposte », avait écrit Ousmane Sonko sur Facebook. Le leader du Pastef, visiblement emporté par l’émotion face aux blessures de ses militants, a vite reconnu son erreur. Quelques heures plus tard, il appelait au calme et à la retenue.
Les bourses des étudiants
« Que les étudiants comprennent qu’ils ont un ministre qui comprend l’utilité de la bourse et qui travaillera à ce qu’elle soit payée à temps », promettait Abdourahmane Diouf après sa nomination à l’Enseignement supérieur. Plusieurs mois plus tard, force est de constater que les bourses accusent souvent des retards, provoquant de nombreuses grèves dans les universités.